gorom gorom désert

Je ressort abasourdi par cette campagne électorale, par ce premier tour des élections présidentielles, par le résultat bien sûr, mais aussi par la violence, le bruit et la fureur qui entourent cet instant de vie citoyen, ce qui aurait dû être un instant de vie citoyen. 

J’ai repensé à une intervention que j’ai faites il y a bien longtemps dans le cadre d’une retraite de l’Action Catholique Ouvrière, une retraite en silence où se côtoyait toutes sortes de militants ouvriers, allant de la CGT à la CFTC en passant bien entendu par la CFDT, il y avait des communistes (et oui c’est pas incompatible avec la foi chrétienne). Le silence  n’allait pas de soi. 

Voici ce que je leur ai partagé, cette réflexion n’était pas de moi, mais d’un certain Marcel Thieulent.

« Le monde ouvrier s’est battu pour avoir le droit à la parole, aujourd’hui ce sont ceux qui imposaient le silence au monde ouvrier, qui lui impose le bruit, paroles et son à outrance. Cette lutte pour la parole vrai, pour le droit d’exprimer les revendications reste une lutte d’actualité. Mais à cette lutte s’en adjoint une autre aussi vital, c’est la lutte pour le droit au recueillement. Ne pas se laisser envahir par le bruit factice d’une vie qu’on voudrait nous imposer. Prenons aujourd’hui le temps du silence. Il nous faut militer pour – l’Homme intérieur – « 

On nous bassine, comme si c’était une découverte des temps modernes, avec la « méditation » mais c’est une méditation capitaliste. Il s’agit avant tout de capitaliser le « bonheur ». Il s’agit de bien-être personnel. Il s’agit de se « réaliser ».

Le Silence ne doit pas être un moyen d’aller à la recherche de son nombril, tout brillant soit-il, mais bien de faire de la place pour accueillir l’autre.

Nous sommes gangrené, et moi le premier par les piaillements de Facebook et autre tweeter, nous dégorgeons trop souvent le pire, trop rarement le meilleur, et nous en ressortons assourdi, blessé, amoindri, de ce fatras d’idées pas toujours pertinentes, nous en oublions de prendre le temps de penser. Nous réagissons avec nos tripes, dans l’instant.

Je me suis souvent posé la question de fermer mon compte, mais ce bruit propagé par les réseaux sociaux est aussi la voix du monde, il est le lien qui me relie à certains amis, à la famille qui est à l’autre bout du monde.

Tout ceux qui se revendiquent comme « insoumis » ( sans forcément voter JLM) se soumettent sans arrière pensée aux diktats de nos chers réseaux. Nous sommes pieds et poings liés par le pire libéralisme qui soit, j’ai peur que nous ne soyons plus capable de nous passer de ces béquilles sociales. Je ne sais pas si c’est bien où non, je ne sais pas s’il faut s’en émouvoir. Le monde ne change pas vraiment, nous utilisons simplement d’autres moyens. (Il existe pourtant des réseaux alternatifs comme « Diaspora« , mais ils sont méconnus et peu utilisés, mais c’est vrai qu’ils demandent de faire un effort). Je constate aussi que beaucoup, qui disent défendre la dignité Humaine, qui revendiquent le fait d’accueillir dignement les réfugiés, les immigrés (ce qui devrait être une évidence), rejettent sans autre forme de procès ceux qui ne votent pas comme eux, et je ne parle pas des extrêmes. Comment, après les invectives parfois insultantes, lue et entendue ici ou là, pourrons-nous faire vivre cette fragile communauté qu’est notre pays?

Je ne sais pas ce que je ferais dans quinze jour. Pour l’heure, je voudrai essayer de faire place en moi à un peu de silence. Je vais essayer de ne pas me laisser envahir par le bruit incessant des rumeurs et des discours culpabilisants.  Je voudrais faire en sorte de ne pas ajouter une voix à la cacophonie ambiante. Pour laisser un peu de place à « l’Homme intérieur », pour  que le Silence me permette de faire de la place à vous tous que j’aime et apprécie, mais aussi à ceux qui ne partage pas mes opinions, pas forcément pour les serrer dans mes bras, mais simplement pour ne pas les haïr. 

 

Voilà, sur ce A+ pour d’autre Blogueries!

 

 

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